SFR-Bouygues Telecom : les vraies raisons du refus de Bouygues !

La semaine dernière le monde de la téléphonie mobile était secoué par la proposition de rachat de Bouygues Telecom par SFR-Numericable. Les abonnés et les salariés de Bouygues Telecom se sont alors inquiétés de leur sort, les premiers ne voulant pas voir la qualité de service en prendre un coup comme c’est le cas de puis le rachat de SFR par Numericable, les employés craignant évidemment de perdre leur travail.

Finalement, Bouygues Telecom a refusé l’offre et il a donné les raisons de son choix par communiqué de presse. SFR de son côté a également tenu à s’exprimer sur le sujet mais le son de cloche est différent. Aujourd’hui le site des Echos publie un article conséquent sur les coulisses de ce rachat.

Et les raisons du refus de Bouygues Telecom décrites dans cet article sont bien différentes. Selon l’enquête menée par les journalistes du journal économique, si Bouygues Telecom a refusé c’est à cause des pressions du gouvernement et des méthodes de Patrick Drahi.

sfr bouygues gouvernement drahi

La proposition de rachat de Patrick Drahi de 10 milliards d’euros était une offre à ne pas refuser. Même dans ses rêves les plus fous Martin Bouygues n’aurait pas pu en espérer autant. Les conditions du rachat restaient à préciser mais le montant en disait long sur les intentions du groupe SFR-Numericable. Mais les révélations du JDD ont accéléré les choses, et le gouvernement a fini par s’en mêler.

Les pressions du gouvernement ont pesé sur la balance

Le 21 juin, alors que le JDD révélait l’intention de SFR-Numericable de racheter Bouygues Telecom le gouvernement a commencé à prendre position. La veille, Emmanuel Macron s’était déjà entretenu avec Martin Bouygues mais le ministre de l’Economie a tout de même jugé bon de s’exprimer publiquement :

Le temps n’est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l’intérêt général.

On ne sait pas si Emmanuel Macron connaissait déjà les intentions de Martin Bouygues avant ces déclarations mais l’intérêt du ministre est clair : l’appel d’offres pour les nouvelles fréquences 700 MHz pourrait rapporter à l’Etat jusqu’à 2,5 milliards d’euros, mais avec trois opérateurs, les cartes auraient été rebattues.

Il n’y a jamais eu de tabou sur la consolidation. Mais le timing n’est pas le bon. On commence à peine à évaluer les conséquences du rachat de SFR par Numericable. – Entourage du ministre de l’Economie –

L’autre raison de la « crispation à Bercy sur le sujet » est le manque de recul suite à l’achat de SFR par Numericable. Alors que diverses sources parlent d’une politique devenue un véritable enfer, Emmanuel Macron souhaitait évaluer les conséquences du rachat avant d’être favorable à une autre mutation du marché. Enfin, le ministre n’aurait que moyennement apprécié de ne pas avoir été averti par Patrick Drahi de ses intentions.

Autre point important, le jour de la prise de décision du Conseil d’Administration de Bouygues Telecom à 18h, Martin Bouygues était en rendez-vous le matin à l’Elysée avec François Hollande. Si les détails de la conversation qu’ils ont eu ne sont pas connus, certains parlent de sujets épineux comme l’emploi notamment.

Si l’entourage de Martin Bouygues affirme qu’il « ne reçoit pas ses ordres de l’Elysée », avoir le soutien du gouvernement dans ses choix est un atout non négligeable. Quoi qu’il en soit, le gouvernement s’en est mêlé et cela a forcément pesé sur la balance.

Le « manque de sérieux » de Patrick Drahi a convaincu le Conseil d’Administration

Les pressions du gouvernement ne sont pas les seuls éléments à avoir pesé dans la décision finale du Conseil d’Administration. A 18h, au siège de Bouygues près des Champs-Elysées, les seize administrateurs, quelques dirigeants et Martin Bouygues discutent de la proposition de rachat.

A ce stade, ça devient sentimental. Ils ont laissé passer une occasion incroyable – Expert du secteur –

De nombreuses questions sont posées et assez rapidement la décision est prise : Bouygues ne vendra pas. Les raisons d’un choix si rapide ? « Le manque de sérieux » de Patrick Drahi ainsi que ses méthodes de management jugées trop éloignées de la philosophie de Bouygues Telecom qui se repose sur le concept de capitalisme familial.

La suite on la connaît plus ou moins à un détail près : Patrick Drahi n’a pas été averti par Bouygues Telecom de son refus, il l’a appris par la presse alors qu’il sortait d’un rendez-vous avec… Emmanuel Macron qui, en tant qu’ex-banquier d’affaires, a poussé le patron de SFR-Numericable dans ses retranchements tant il a analysé l’offre dans les détails. Selon un témoin « il y avait du répondant ».

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Réagissez à cet article !
  • fred

    Ils ont raison de s’en faire les salariés de bouygues si jamais SFR arrive la dedans ils sont mort,SFR société de pourris,n’est-ce pas simplet? heu je veux dire IRMA? mouarffffffff

    • sam

      mec fais gaffe tu va énerver la bête ;)

      • tabo56

        C’est qui la bête ?

        • sam

          emmanuel milcent alias le super avocat de la défense de Numéricable et SFR lol ;)

          • tabo56

            Il me semblait bien. Je n’ai pas osé prononcer son nom par peur de le réveiller :)

          • tabo56

            Quand je dis « le câble c’est mon bien que le FTTH », normalement, ça le fait sortir. Il doit avoir un détecteur à mauvaises paroles sur Numéricable ;)

      • fred

        Même pas peur MDR

    • Hugo

      Miséricable ! :D

  • Martin

    Je suis bien content que Bouygues refuse l’offre, et pour une fois je suis content des agissements du gouvernement, pour les raisons personnelles suivantes : je n’aurai jamais accepté être chez SFR. Orange ? Pourquoi pas, mais leurs tarifs sont tellement élevés. Free ? Non pas pour le moment j’attends un bien meilleur réseau. Bouygues est intéressant je trouve, de plus je n’ai jamais eu de problèmes.

    • Julien

      Si Bouygues se fait racheté (par Numericable ou Orange), les antennes de Bouygues iront a Free, donc sont réseau se serait considérablement améliorer (surtout en 4G). Donc je pense que le meilleur choix, si bouyges avait été acheté, aurait été Free.

      • Martin

        C’est à voir ^^ il faut que cela se passe pour en juger, voir le retour des consommateurs Free

        • crachoveride

          En tout cas, perso je suis pleinement satisfait de Free mobile, malgré (il est encore vrai, quelques passage sur les antennes d’orange qui bloque le visionnage de vidéo, mais pas le streaming audio, c’est déjà ça :) et ça reste de plus en plus rare, je capte Free 87% du temps (3g/h+ et 4G comprise), et je capte même la 4G à Vallet maintenant ^^ bref mes 20 go y passe à l’aise de mon coté :)

  • User

    Il nont qu a vendre a Free !

    • Hugo

      Heuu… c’est a dire ? ^^

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