Rachat de Qualcomm : Trump disqualifie Broadcom accusé à demi-mots de servir les intérêts de la Chine !

Maj. le 13 mars 2018 à 17 h 11 min

Le rachat de Qualcomm par Broadcom ne sera pas possible. Le président des Etats-Unis Donald Trump vient de signer un décret présidentiel qui l’interdit purement et simplement ! Le gouvernement, qui s’appuie sur les recommandations du Comité pour les Investissements Etrangers aux Etats-Unis, cite un risque pour la « sécurité nationale ». Des craintes qui semblent essentiellement motivées par le fait que Broadcom a son siège social à Singapour et que l’administration Trump soupçonne à demi-mots l’entreprise de servir les intérêts chinois.

« Broadcom et Qualcomm doivent immédiatement et définitivement abandonner le rachat proposé », peut-on lire dans le décret présidentiel signé par Donald Trump mardi 13 mars 2018. Le président des Etats-Unis évoque « des éléments crédibles » laissant penser que l’opération pourrait menacer la sécurité nationale. Plus tard Qualcomm précise dans un communiqué de presse : « selon les termes de l’ordonnance présidentielle, tous les candidats aux postes d’administrateur de Broadcom sont également disqualifiés pour se présenter aux élections en tant qu’administrateurs de Qualcomm ».

Rachat de Qualcomm : Trump disqualifie complètement Broadcom, accusée à demi-mots de servir les intérêts chinois

Dans une décision sans précédent, le président des Etats-Unis met ainsi fin à un possible rachat du siècle d’un montant de 117 milliards de dollars pour créer un immense acteur du semi-conducteur. A l’issue de l’opération, Broadcom serait en effet devenue la 3e plus grosse entreprise du secteur derrière Intel et Samsung. La crainte du gouvernement des Etats-Unis, c’est visiblement le fait que ce nouveau groupe serait contrôlé par une entreprise étrangère basée à Singapour, soupçonnée de servir des intérêts chinois. Mais sans doute aussi de réduire la compétitivité américaine sur le segment de la 5G dans lequel Qualcomm est l’un des leaders mondiaux.

Dans un communiqué laconique, Broadcom explique être « en profond désaccord avec l’idée que l’acquisition proposée de Qualcomm soulève la moindre inquiétude en matière de sécurité nationale ». Le groupe ajoute être en train « d’examiner le décret », sans doute pour tenter un recours.Le texte présidentiel ne serait après tout pas le premier à être invalidé devant une juridiction américaine. Mais d’ores et déjà il « disqualifie » lourdement la firme qui comptait aussi sur les prochaines élections du conseil d’administration pour faire passer son projet.

Le fait qu’il s’appuie également sur les recommandations du Comité pour les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS) – une institution fondée en 1975 – lui donne de la force. Le CFIUS avait déjà émis des réserves sur l’opération, et accusait Broadcom de tenter de précipiter la fusion, notamment en installant un  siège aux Etats-Unis sans en informer le comité dans les délais légaux. De nombreuses décisions similaires ont eu lieu par le passé sur conseil du CFIUS sous d’autres administrations, et implique presque systématiquement des entités chinoises.

Ce volte face brutal, malgré les gages donnés par Broadcom, illustre la paranoïa dans laquelle est plongé le gouvernement américain en vertu de aa feuille de route protectionniste. En outre, la question du rachat de Qualcomm n’est peut-être pas définitivement réglée puisqu’Intel a dévoilé son intention de racheter Qualcomm… et Broadcom.

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