Pourquoi l’échec du mariage Orange / Bouygues est une bonne nouvelle

Le président de l’ARCEP a été l’invité d’Europe 1 suite à l’échec du mariage Orange / Bouygues. Selon lui, la France restera à 4 opérateurs pendant encore de nombreuses années, et il espère que les opérateurs reprennent les investissements sur leurs réseaux.

Le secteur des télécoms en France a subi l’un de ses plus grands bouleversements ces derniers temps, du fait de l’annonce de l’intention de rachat de Bouygues Telecom par Orange et les négociations qui s’en sont suivies.

Ce matin toutefois, nous apprenions que le mariage n’était plus. En effet, les discussions se sont soldées par un échec que Martin Bouygues explique notamment par la difficulté de négocier avec Xavier Neil, détenteur de Free et d’Iliad, qui est accusé d’avoir voulu le maximum en payant le minimum.

Toutefois, les vraies raisons de l’échec du mariage Orange/Bouygues pourraient être toutes autres, l’Etat ayant apparemment imposé des conditions drastiques sur le contrôle des actionnaires d’Orange et aurait tout bonnement passé sous silence Bouygues Telecom.

Le président de l’ARCEP voit 4 opérateurs pour encore longtemps

Toujours est-il que nous sommes désormais revenus à zéro, avec un marché se composant de 4 opérateurs. Selon Sébastien Soriano, président de l’ARCEP et invité d’Europe 1 aujourd’hui, cette situation est faite pour durer.

Il déclare ainsi en interview :

« Je n’ai pas de boule de cristal mais je dirais que le scénario de référence est qu’on reste à quatre opérateurs pendant au moins quelques années. »

Ce n’est toutefois pas le seul message que le président de la « police des opérateurs » a souhaité adresser, puisqu’il souligne également :

J’espère qu’on aura plus de stabilité, que les opérateurs vont se poser et se concentrer sur leur métier

Une phrase tout de même assez forte et qui dénote d’une certaine stagnation ressentie par l’ARCEP sur l’évolution technologique en France.

Emphase sur la concurrence et l’évolution technologique

C’est à l’autorité qu’il revient de partager les nouvelles bandes déployées sur le territoire, et qui constate de leurs utilisations. Celle-ci ayant épinglé récemment SFR à ce sujet lors du bilan de 2015, on comprend de suite les voeux du président.

Cette paralysie du secteur télécom français ayant été, entre d’autres facteurs, forcée par ce mariage, la fin de ces négociations peut enfin être le retour de la concurrence à plein régime entre les différents opérateurs français.

Pour sûr, après avoir partagé une table ronde pendant ce dernier mois, gageons qu’ils seront plus motivés que jamais pour se voler des clients les uns les autres. Pour le client, cela se traduira nécessairement par des offres mobiles et fixes / internet plus agressives.

La concurrence reprenant de plus belle, l’évolution technologique reviendra également et on peut enfin espérer que la couverture 3G comme 4G évolue sur le territoire français. Le déploiement de la fibre, sur lequel la France est terriblement en retard, sera également un terrain de guerre primordial dans le pays.

Plus d’entente, ça n’est donc plus qu’un seul terrain sur lequel jouer : l’investissement. Le seul terrain sur lequel les consommateurs sont majoritairement gagnants quoiqu’il arrive. Le seul terrain qui vaut la peine d’être joué désormais.

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Réagir à cet article

  • Tony Fiant

    Il faut ajouter qu’il a précisé que les tarifs étaient trop bas actuellement car il faut que les opérateurs investissent dans la fibre et la 4G/5G.
    Donc, si vous habitez en dehors d’une grande ville, vous paierez plus cher pour favoriser l’installation des grosses communes dans lesquelles il est plus facile et rentable de connecter d’un coup plus d’utilisateurs, par contre, vous…