Pourquoi Apple et Samsung font tout pour vous empêcher de réparer votre smartphone

Maj. le 4 août 2017 à 14 h 18 min

Afin de s’assurer de poursuivre leur croissance, Apple, Samsung et d’autres constructeurs de smartphones se démènent pour empêcher la mise en place de standards environnementaux. Pour cause, de telles mesures pourraient nuire à l’obsolescence programmée. Découvrez les sombres coulisses de l’industrie high-tech.

iphone réparation

Les iPhone sont très difficiles à réparer. Pour assembler ses smartphones, Apple utilise des vis propriétaires, des coques unibody, et d’autres techniques de design et de fabrication afin de s’assurer que l’iPhone ne puisse être réparé que dans un Apple Store. Il est également très difficile de remplacer les batteries, collées aux autres composants et dissimulées sous une couche de composants fragiles.

Cette technique est employée par de nombreux constructeurs de l’industrie mobile. Par conséquent, les consommateurs sont en quelque sorte obligés de racheter un smartphone tous les deux ou trois ans au maximum, ce qui arrangent bien les fabricants. Selon Greenpeace et iFixit, Apple, Samsung et Microsoft sont les champions de l’obsolescence programmée.

Aujourd’hui, un nouveau rapport publié par la Repair Association dénonce la façon dont les géants de la tech comme Apple, Samsung et les autres constructeurs de smartphones combattent ouvertement la mise en place de standards écologiques qui permettraient de réduire la pollution liée au processus de fabrication d’iPhone et autres appareils.

Les firmes comme HP et Apple usent de leur influence démesurée pour empêcher les groupes de régulation de réformer les processus de fabrication d’appareils électroniques. En quelque sorte, ces puissantes entreprises choisissent elles-mêmes la façon dont leurs pratiques environnementales sont régulées.

C’est ce qui permet à Apple d’apposer à ses produits une certification environnementale, alors même qu’elle fait tout pour que ses produits soient impossibles à réparer et deviennent obsolètes au bout de quelques mois seulement.

Officiellement, les « équipes environnementales » d’Apple et autres entreprises du même acabit sont chargées de s’assurer que la firme pour laquelle elles travaillent respectent l’environnement. En réalité, ces employés ont pour rôle de s’assurer qu’aucune loi ou mesure ne se mette en travers de la croissance des géants de la tech.

Apple, Samsung et les autres leaders de l’industrie dominent les organismes de régulation environnementale

Le premier standard pour les appareils électroniques fut mis en place en 2004 grâce à l’association non-gouvernementale Electrical and Electronics Engineers (IEEE), Par la suite, d’autres groupes comme le Green Electronics Council et l’EPEAT ont mis en place d’autres standards. L’EPEAT est l’organisme qui décide si un produit peut être certifié bronze, argent ou or en fonction de son respect de l’environnement.

Le problème est que, pour déterminer le sens de ces certifications, l’EPEAT se réfère directement aux leaders de l’industrie. C’est ainsi qu’Apple et les autres grandes entreprises sont en mesure de protéger leur business au détriment de notre belle planète.

Le gouvernement américain n’a pas d’influence directe sur ces standards environnementaux. L’IEEE elle-même comporte 41% de constructeurs d’appareils électroniques. De fait, si une mesure qui pourrait nuire à leur profit est proposée, il suffit aux entreprises de s’y opposer en bloc.

En somme, plutôt que de faire en sorte de créer des produits plus écologiques, les fabricants de smartphones font en sorte que les standards environnementaux soient le moins exigeants possible afin de s’assurer de recevoir une certification sans fournir le moindre effort.

En façade, Apple prend soin d’entretenir son image d’entreprise écologiste, en alimentant ses usines à l’énergie solaire ou en plantant des arbres autour de son campus. Apple et Microsoft s’étaient même opposés à la volonté de Donald Trump de réduire les contraintes environnementales.

En réalité toutefois, tout n’est que poudre aux yeux, à l’instar de Liam, le robot recycleur qui rapporte 40 millions de dollars à Apple. Pour ces multinationales de l’industrie high-tech, le leitmotiv est et restera le profit.

Cette problématique, tout comme celle des conditions de travail désastreuses des ouvriers de ces entreprises, démontre le manque d’éthique des géants de la technologie. Le seul moyen d’y remédier serait que les consommateurs prennent conscience qu’ils n’ont pas besoin de renouveler leurs smartphones tous les 18 mois.

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