Test Pokémon Go : le jeu le plus unique et captivant sur mobile

Date de dernière mise à jour : le 22 juillet 2016 à 16 h 35 min

Pokémon Go s’apprête enfin à sortir officiellement en France, mais les plus malins d’entre nous auront déjà réussi à prendre l’APK et commencé à jouer bien vite. Après quelques semaines de jeux, nous vous proposons un test en bonne et due forme de l’application phénomène.

Ca y est, les jeux mobiles ont connu un bouleversement immense : Nintendo est dans la place. Ou plutôt Niantic Labs, le développeur d’Ingress qui faisait autrefois partie de Google. Désormais, il n’est que partiellement détenu par le géant américain tandis que le développeur japonais s’est fendu d’une participation au capital du créateur.

A cela s’est couplé The Pokémon Company pour créer Pokémon Go, l’application nous permettant de capturer des Pokémon dans la vraie vie en réalité augmentée. Et ceci n’a été possible que grâce à Ingress avant lui, qui aura pu faire le grand travail de reconnaissance avant ce raz-de-marée.

Car oui, Pokémon Go est un succès phénoménal : il génère à lui tout seul plus d’argent que tous les autres jeux réunis, et pousse les joueurs à sortir de chez eux quitte à créer des cohues immenses. Est-ce pour autant justifié ? Après quelques semaines de jeu, et au jour de sa sortie française officielle, il est temps de faire le point.

Nous vous invitons toutefois à consulter notre guide sur Pokémon Go avant toute chose, puisque nous nous concentrerons bien plus sur l’expérience qu’apporte le jeu plutôt qu’expliquer ses principes fondamentaux. Ayant estimé que tester ce jeu au jour de la sortie n’avait aucun intérêt, c’est après deux semaines d’utilisation intensive que nous vous donnons nos impressions.

Un principe simple mais diablement efficace

Le principe de Pokémon Go est très simple : il s’agit seulement de bouger dans le monde réel. L’application affiche en temps réel votre positionnement sur la carte de vos environs. Sur votre chemin se dresseront alors aléatoirement des Pokémon que vous pouvez capturer.

Bien évidemment, il vous faudra marcher et il serait bien dommage que cela soit le seul élément du jeu. Ainsi, des points intéressants de votre ville deviendront des « Poké Stop » vous permettant de récupérer aléatoirement des objets du jeu : des PokéBall pour capturer les monstres, des potions pour vous soigner et même des oeufs à faire éclore en quelques kilomètres de marche.

Et bien sûr, tout l’aspect faisant que l’on ait envie de faire monter en niveau ses monstres : les arènes qui sont également dispersées aux quatre coins de votre ville, et sont aussi dans des lieux importants. Cela peut même être des lieux à fort passage, comme une gare par exemple.

Une expérience avant tout sociale

L’obligation de devoir se déplacer a refroidi une poignée de joueur, mais il faut voir une chose : le but de Pokémon Go est d’exister en parallèle de la série principale, et non pas de la remplacer. Sortir un jeu traditionnel Pokémon sur téléphone ferait un carton, à n’en point douter (surtout en voyant cette folie qu’a provoqué le jeu), mais tuerait un moteur d’achat énorme pour les consoles Nintendo.

En lieu et place, nous avons en vérité l’un des jeux respectant le plus les attentes de Pokémon depuis sa création : nous faire sortir, explorer le monde et rencontrer les joueurs. La série principale a toujours tout fait pour cela, en créant notamment le câble link à l’époque.

Niantic l’a parfaitement compris et en a fait les bases de l’expérience Pokémon Go. C’est bien simple : il est impossible de sortir en session sans croiser de nouveaux joueurs, ou même se demander si les passants smartphones en main ne pratiquent pas la même chose que vous.

Car le fait de devoir se rejoindre dans des lieux connus a naturellement créé des points de ralliement pour des personnes qui ne se seraient jamais rencontrées auparavant. Qui plus est, l’utilisation des modules leurres rend l’expérience d’autant plus sociale, puisque vous attirez les joueurs à vous. Et ça fonctionne ! Pas une seule de nos sessions faites tous les jours ne nous aura pas permis de rencontrer des joueurs toujours souriants et accueillants, prêts à se donner les moindres astuces qu’ils connaissent.

En cela, le jeu est très plaisant à jouer puisque chaque session est renouvelée par ces simples instants humains. En partant de chez vous, vous n’avez aucune idée de ce qui vous tombera dessus, mais vous savez que ce sera à 99% positif. Et pas nécessairement dans le jeu.

Plus de baffes que de mains tendues

Un principe peut toutefois gâcher l’expérience pour les nouveaux joueurs, particulièrement ceux ne connaissant pas une seule seconde l’univers du jeu vidéo : Pokémon Go n’explique absolument rien de son principe de fonctionnement.

Si la licence Pokémon n’y avait pas été rattachée, il y a fort à parier que peu de gens se seraient retournés sur l’application. Dès le lancement, le jeu nous jette dans son univers et son interface sans jamais vraiment expliquer ce qu’il faut faire.

Sans un guide, il est plus que difficile d’apprendre naturellement comment partir efficacement à la chasse aux Pokémon. Même les combats, qui sont pourtant simplistes à base de tapoter ou rester appuyer sur l’écran, ne dévoilent pas aisément leurs subtilités (comme l’esquive avec un slide sur la gauche ou la droite).

De même, savoir s’il faut faire évoluer directement ses Pokémon ou les faire monter en CP avant toute chose n’est pas vraiment expliqué. De même que l’influence de leur poids et taille, la manière d’identifier les meilleurs parmi tous les doublons du jeu.

En cela, le jeu est obtus au possible. Mais est aussi quelque part une force, puisque c’est cet aspect qui pousse les joueurs à communiquer entre eux, à analyser le moindre fait et geste pour arriver à des réflexions qui sont partagées à la communauté entière. Quelque part à l’égal du fameux Mew se cachant derrière le camion ou rester appuyé sur B pour que la PokéBall fonctionne mieux : des rumeurs augmentant l’envie de jouer.

Pas de place au pouvoir de l’amitié

Pokémon a toujours eu une certaine place à ce que beaucoup appellent ironiquement « le pouvoir de l’amitié ». Ce fameux grand pouvoir que les mangas / animés de notre enfance nous rabâchait à longueur de journée et qui faisait sortir les héros des impasses les plus farfelues.

Dans Pokémon, cela s’exprimait par l’attachement que l’on pouvait avoir à son premier Pokémon. Dans le jeu, il s’agit donc de Salamèche, Carapuce, Bulbizarre ou Pikachu (pour les plus malins, voir notre guide). Mais ces premiers monstres ne servent ici à rien.

Le fait de devoir faire évoluer ses monstres en capturant exactement les mêmes a tué tout intérêt pour les starters. Il est difficile de créer de l’attachement sur une bête si vite dépassée par les autres qu’elle n’en devient qu’un slot occupé dans notre liste.

Je passerais probablement ma vie à réussir à avoir mes Pokémon préférés ayant toujours fait partie de mon équipe depuis l’enfance (Ectoplasma, Dracaufeu, Dracolosse par exemple). C’est stupide, mais ayant grandi dans la « génération Pokémon », ces habitudes sont « importantes » pour moi et beaucoup d’autres joueurs.

C’était d’ailleurs ce qui était l’un des principaux intérêts d’avoir 151 Pokémon : la possibilité de choisir ses préférés. Ici, l’aspect complétion est bien plus présent que le simple attachement.

Le rythme des rencontres est au moins bien géré. Au début de l’aventure, les Rattata et Roucool pullulent. Mais à mesure que vos niveaux augmentent, des Pokémon plus rares commencent à apparaître donnant toujours envie d’aller plus loin et trouver votre monstre préféré pour aller combattre les arènes.

Un modèle économique bien géré

Qui dit combat d’arène dit forcément vouloir montrer qui est le plus fort… Et en cela, les jeux mobiles ont mauvaise réputation. Ils imposent bien trop souvent de devoir passer à la caisse pour pouvoir véritablement passer au niveau supérieur de leur jeu.

Pokémon Go n’est pas de ceux-là. Vous pouvez tout à fait dépenser votre argent pour obtenir des PokéPièces, mais celles-ci ne permettent (pour le moment) que d’acheter des PokéBall ou des objets augmentant vos rencontres et doublant votre XP.

Il n’est pas possible d’avoir des Pokémon rares plus facilement de cette manière, ni même d’avoir des monstres puissants tout de suite. Cela accélère seulement le rythme du jeu face aux joueurs jouant « gratuitement », ne dérangeant pas leur expérience outre mesure.

Le problème survient lorsque votre ville s’est mise à Pokémon. Si vous avez un travail journalier (hum) et êtes face à une horde d’adolescents en vacances (hum hum), ceux-ci prendront bien vite beaucoup plus de niveaux que vous (HUM HUM) rendant votre capacité à capturer une arène presque nulle. De quoi justement tenter les joueurs à passer à la caisse, sans toutefois que cela ne soit trop malsain pour le jeu en lui-même.

De gros problèmes à haut niveau

Aussi simpliste qu’il soit, Pokémon Go n’est encore pas tout à fait calibré et cela se ressent à haut niveau. Alors que la capture est aisée dans la première dizaine de niveaux, elle se complique de plus en plus jusqu’à arriver à un point où un simple Rattata CP 10 peut s’échapper 4 à 5 fois d’une Hyper Ball au niveau 30.

Selon les observations des joueurs, cela est dû à une courbe de difficulté abusive montant exponentiellement à mesure que vous progressez. Qui plus est, sachant que le gain d’expérience reste toujours le même (100 XP + 500 en cas de Pokémon inconnu jusqu’alors), la montée en niveau devient progressivement insurmontable particulièrement après le niveau 30.

C’est là que l’intérêt de l’application peut vite chuter. Mais il faut aussi garder en tête que le jeu n’en est qu’à 2 semaines d’existence, et que le développeur n’avait pas prévu à quel point il deviendrait un phénomène de société. Aussi, il y a fort à parier que celle-ci soit revue dans le futur.

Conclusion : il n’y en a pas un comme Pokémon Go

On pourrait s’asseoir ici toute la journée pour vous parler des problèmes du jeu. Le fait est qu’il en a : ses serveurs sont terriblement instables pour le moment, et ce malgré ses 2 semaines d’existence, son gameplay est très limité, sa consommation batterie est excessive et pousse les joueurs à investir dans des batteries externes

Mais d’une, la plupart de ces problèmes seront résolus avec le temps. Et de deux, le jeu ne fera que progresser à l’avenir et proposera par exemple les échanges entre joueurs. Si l’on se fie à son premier trailer d’annonce, les combats directement entre joueurs seront aussi de la partie. La génération 2 de Pokémon devrait également arriver d’ici la fin de l’année.

Et surtout, il n’existe aucun jeu comme Pokémon Go (si ce n’est Ingress, du même développeur). C’est bien l’une des rares applications qui aura réussi à faire sortir les gens de chez eux, à se sociabiliser aussi facilement avec le monde en donnant un point commun automatique à tous ses joueurs et qui aura créé un genre de jeu à part entière : le jeu en réalité virtuelle.

Personne n’est à la cheville de Pokémon Go à l’heure actuelle, puisque personne si ce n’est Niantic Labs n’a cru en ce type de jeu. Et avec une telle licence pour le booster, il aura créé un phénomène qui est un « bon jeu », mais surtout une expérience sociale fantastique.

Impossible de le nier : l’essayer, c’est l’adopter, pour peu que l’on sache à quoi s’attendre. Ce n’est pas un jeu mobile traditionnel, ce n’est pas un jeu fait pour les joueurs les plus aguerris ou ceux souhaitant seulement passer le temps lors d’un trajet de bus : c’est une « surcouche » du monde réel, appliquant la gamification à l’exploration naturelle de votre quartier.

De quoi découvrir des statues que vous n’auriez jamais remarqué auparavant tout autant que capturer un Pikachu ? Qui pourrait faire la fine bouche face à cette opportunité. Cette opportunité… de représenter la Team Sagesse bien sûr, meilleure équipe du jeu.

Ce qu’on aime

+ Unique en son genre
+ Sortir de chez soi
+ Force à découvrir la beauté de sa ville
+ L’aspect social de l’application, ancré dans le réel
+ Une collectionnite toujours efficace
+ Modèle économique bien équilibré

Ce qu’on n’aime moins

– De gros soucis d’optimisations
– Gameplay encore limité
– Difficulté exponentielle
– Obligation de laisser l’application et le téléphone ouvert
– Aucun attachement sentimental aux Pokémon capturés

   Suivez nous sur Facebook   


Vous aimerez peut être


Réagir à cet article

  • Oks

    Ça vous arrive d’être original ?

  • John

    Heureusement que je n’ai pas besoin d’un smartphone et d’un jeu comme Pokemon pour me « sociabilisé » facilement avec Le Monde extérieur mdr on aura vraiment tout lu !

  • iSteveB

    « – De gros soucis d’optimisations
    – Gameplay encore limité »

    En même temps, il est pas encore sorti en France et il ne s’agit que de la version 0.XX …. Et il me semble que vous n’êtes pas testeur de jeu :/ Mais bon…

    • OtaXou

      Il faut lire l’article en entier plutôt que s’arrêter aux derniers points pour savoir qu’on parle bien du fait qu’il sera mis à jour.

      Quant à « ne pas être testeur de jeu », je vous invite à chercher « OtaXou » sur le net.

  • Koala

    Je veux pas dire mais c’est vraiment un jeu pour kikoo casu, c’est bien ça permettra d’être tranquil sur legion fin août.