Mariage Orange-Bouygues : Martin Bouygues accuse Free d’être responsable de l’échec

Maj. le 22 mars 2018 à 10 h 22 min

Vendredi soir, Orange et Bouygues annonçaient que leur mariage n’aurait finalement pas lieu. Le PDG de Bouygues Telecom, Martin Bouygues, est revenu sur cet échec dans les colonnes du Figaro. Il nous explique pourquoi il n’a finalement pas vendu son bébé à Orange.

martin bouygues

Initié il y a environ trois mois maintenant, le mariage entre Orange et Bouygues Telecom n’aura pas lieu. Malgré des négociations qui avaient bien avancé et des accords trouvés, l’opération n’aura finalement pas trouvé d’issue positive. Martin Bouygues était pourtant prêt à faire des concessions mais pas à brader son bébé. Nous restons donc sur un marché à quatre opérateurs.

Cette opération de rachat ayant fait couler beaucoup d’encre, Martin Bouygues a tenu a s’expliquer sur l’échec du mariage qui était pourtant en bonne voie. Il a accordé une interview au Figaro dans laquelle il aborde tous les points importants de ce rendez-vous manqué. Après l’échec du rachat par SFR en 2015, Orange n’y arrive pas non plus. Mais alors pourquoi Martin Bouygues a-t-il finalement fait marche arrière ? Ses réponses.

Quatre à négocier, trois à vouloir aboutir

Martin Bouygues l’assure, il n’a jamais caché son jeu dans cette opération qui se serait révélée historique si elle avait abouti. Ceux qui ont cru qu’il ne jouait pas franc jeu se sont trompés sur lui. Et il l’affirme sans filtre :

Certains ont cru que je bluffais et que je négociais dos au mur. C’était stupide et même puéril de le penser.

Toutes ses conditions, Martin Bouygues les avait exposées clairement dès le début des négociations. Le PDG du troisième opérateur français souhaitait garder une place importante sur le marché des télécoms même après le rachat, et surtout ne pas faire de dégât sur le terrain de l’emploi. Il explique :

Ma première préoccupation, essentielle, était le maintien des emplois et du statut des salariés de Bouygues Telecom. La deuxième, c’était que je crois dans l’avenir du secteur des télécoms et que je souhaitais que le groupe Bouygues demeure un acteur dans ce secteur, et donc qu’il trouve sa place d’actionnaire chez Orange. Ensuite, je demandais que le montant de l’opération soit proche de l’offre que nous avait faite Patrick Drahi il y a un an. Enfin, Bouygues ne devait pas assumer seul le risque d’exécution. Toutes ces conditions, je les ai exposées, très clairement, dès le départ. Il n’y avait aucun malentendu possible.

xavier niel

Si le mariage n’a pas abouti, c’est notamment selon lui parce que l’un des acteurs des négociations n’a pas vraiment fait d’efforts pour que le mariage fonctionne. Sans donner de nom, Martin Bouygues laisse entendre que l’un des quatre opérateurs voulait un maximum davantage en prenant un minimum de risques. Selon le Figaro, il s’agirait de Free Mobile.

Si nous étions quatre à la table des négociations, nous n’étions que trois à vouloir aboutir. Manifestement, l’un des protagonistes nourrissait l’ambition d’avoir le maximum en payant le minimum, tout en gardant la possibilité de se retirer. – Martin Bouygues –

Ce n’est pas l’Etat qui a tout fait capoter

Contrairement à ce que l’on pouvait lire avant le dernier Conseil d’Administration d’Orange et de Bouygues, ce n’est pas l’Etat qui a tout fait capoter. C’est en tout cas ce qu’explique Martin Bouygues, qui estime que si tous les opérateurs avaient réussi à trouver un point d’entente, la question de la place de l’Etat n’aurait été qu’un détail de la négociation qui aurait été réglé rapidement. Néanmoins, le PDG du groupe Bouygues reste étonné de la réaction de l’Etat. Il explique au Figaro avoir « trouvé très étranges » les exigences de Bercy.

Qu’entend-il par « très étranges » ? On ne le sait pas vraiment. Mais il est vrai que la position de l’Etat était pour le moins douteuse. Si dans un premier temps il ne semblait pas opposé à un mariage, il a clairement fait part de mauvaise volonté par la suite.

Selon certaines sources proches du dossier, c’est Emmanuel Macron qui se serait montré inflexible. Il aurait été intransigeant sur la part qui devait revenir à l’Etat dans ce deal et ne voulait pas passer sous la barre des 20% de part d’Orange. Sans compter les exigences de restrictions à l’encontre de Bouygues Telecom après le rachat. Bizarre.

Emmanuel-Macron-retractation

Si nous étions parvenus à un accord entre les quatre opérateurs, ce sujet-là aurait fini, je l’imagine, par trouver sa solution.

Malgré l’échec de l’opération, Martin Bouygues reste positif et explique que le groupe Bouygues a les ressources nécessaires pour se développer sur un marché à quatre opérateurs. Il conclut son entretien en mettant en avant les qualités du réseau Bouygues Telecom qui est l’un des meilleurs du marché et souligne que le groupe a réussi à trouver un équilibre au niveau des coûts sans dégrader sa qualité de service. C’est une chose que n’a pas réussi à faire Patrick Drahi par exemple avec SFR.

S’agissant de Bouygues Telecom, je ne suis pas inquiet. L’entreprise est parfaitement viable dans un marché à quatre. Elle est la première à avoir fait des efforts de rationalisation, considérables. Sa structure de coûts est une des plus basses du marché, et elle a l’un des meilleurs réseaux mobiles. Le premier trimestre témoignera de notre croissance à la fois dans le fixe et dans le mobile. Nous avons, avec les cash-flows et la puissance du groupe Bouygues, les moyens nécessaires pour investir et continuer de développer Bouygues Telecom.

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