Mariage Orange-Bouygues : l’Etat trop gourmand retarde l’opération

Le mariage Orange-Bouygues devait se finaliser fin mars. Finalement les acteurs du deal se sont donnés jusqu’à la fin de la semaine pour trouver un terrain d’entente. Visiblement celui qui retarde l’opération est l’Etat. Ce dernier se montrerait trop gourmand. Explications.

On en parle depuis des mois, le mariage entre Orange et Bouygues Telecom va transformer de nouveau le marché des télécoms après l’arrivée de Free Mobile sur le marché. Une opération qui signifierait un retour à trois opérateurs.

Mais alors que les différents acteurs s’étaient donnés rendez-vous mercredi soir lors des conseils d’administration d’Orange et de Bouygues, l’issue de ces réunions n’était pas celle attendue. En effet, aucune décision n’a été prise, les deux opérateurs expliquant que « les négocations ne sont pas assez avancées ». Ils se sont alors donné jusqu’au dimanche 3 avril pour trouver un terrain d’entente.

C’est à l’issue de ces deux nouveaux conseils d’administration qu’une « décision définitive sur la poursuite du projet de rapprochement » sera prise. En gros pour le moment c’est le flou total et on continue de discuter.

L’Etat trop gourmand ?

Selon le journal Les Echos, ce qui pose problème est la question de la valorisation de l’opération. En effet, Bouygues a fixé le prix de vente de sa filiale télécom à 10 milliards d’euros minimum avec une partie en actions et l’autre en cash afin de permettre à Bouygues d’entrer au capital d’Orange. Ainsi, Martin Bouygues réclame entre 10 et 15% du capital de l’opérateur historique.

Mais de son côté, l’Etat ne veut pas voir son pourcentage de participation au capital d’Orange dégringoler. Actuellement actionnaire à hauteur de 23%, il ne voudrait pas descendre sous les 20%. Et c’est là que les choses coincent. Car Martin Bouygues est prêt à accepter le deal sur une base de 12% des parts d’Orange.

Mais le Ministre de l’Economie Emmanuel Macron trouve que c’est trop cher payé. L’un des protagonistes de l’opération a expliqué au journal Les Echos les raisons de ce veto de l’Etat :

Par rapport au schéma qui avait été envisagé par Orange lorsqu’il voulait déjà racheter Bouygues Telecom au printemps 2014, l’opérateur est à 1 milliard en dessous en termes de création de valeur escomptée après l’opération. C’est en partie lié au coût social pour Orange, qui va finalement récupérer beaucoup plus de salariés de Bouygues Telecom que prévu .

Mais cet argument n’est pas le plus pertinent. Non, ce qui dérange vraiment l’Etat, c’est de voir sa part diminuer. Et il est hors de question de passer sous la barre des 20%.

Aujourd’hui, cela se joue sur le prix et directement entre Emmanuel Macron et Martin Bouygues. Le premier ne voit pas pourquoi le second ne payerait pas la valeur intrinsèque d’Orange.

Or, à 19% tout le monde y trouverait son compte. Comme le souligne un protagoniste, « l’affaire pourrait être réglée en une heure si chacun faisait des efforts ».

« Macron fait ce qu’il veut ! »

L’Etat exige de Bouygues qu’il renonce aux droits de vote double pendant 10 ans et veut l’empêcher de monter au capital d’Orange pendant 7 ans.

Comme si ce n’était pas assez, Bercy souhaiterait également imposer des clauses dites de « standstill » qui empêcheraient Bouygues de monter trop vite au capital d’Orange. Des conditions inacceptables pour Bouygues.

Histoire de compliquer encore un peu plus l’affaire, une source des Echos a fait savoir que l’Etat était finalement plus conciliant mais qu’Emmanuel Macron ne voulait pas lâcher le morceau. « Macron fait ce qu’il veut ! » a commenté un protagoniste de l’opération.

Cette attitude du Ministre de l’Economie, dont l’expérience dans le monde des affaires n’est plus à prouver, a tendance à agacer le Premier Ministre qui aimerait que l’affaire soit conclue rapidement. Si Bercy ne prend pas ses responsabilités c’est le Président de la République lui-même qui prendra la décision finale.

Car à cette heure, Bouygues et Orange se posent des questions sur la vraie position de l’Etat qu’ils estiment ambigüe. Macron ne veut pas mais Matignon veut etc. ça commence à faire beaucoup et il serait temps pour les différents membres du gouvernement de prendre une décision. Une source proche du dossier conclut :

Le Président de la République pourrait sonner la fin de la récréation d’ici ce week-end.

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Réagir à cet article

  • iAndroid

    L’Etat a raison et doit prendre le plus d’argent possible. Et si à cause de l’Etat la fusion ne se fait pas, alors Bouygues sera le grand perdant car avec toutes les offres et clients qu’il a engrangé dernièrement avec des promos non rentables, Bouygues va être très mal financièrement et risque de déposer le bilan et de se faire racheter pour rien tellement sa valeur aura dégringolé.

    • JeanGuillaumeM

      Totalement d’accord. Pour le coup, qu’ils laissent faire Macron bordel !

      • Richard Rance

        Oui qu’il le laisse faire….

    • Nono13

      Je pense aussi que si Bouygues Telecom laisse passer cette tentative de rachat, la suivante sera moins avantageuse et dans le même temps plus difficile à refuser.
      Martin Bouygues devrait voir ce qui s’est passer pour Sharp.

      • Nono13

        ce qu’il s’est passé

  • vorach

    Mdr le poisson d’avril trop fort 💪 c’est celui qui vend trop cher qui trouve que celui qui refuse de payer ce prix est trop gourmand ! Hahahaha