Pourquoi iOS et Android mettent la neutralité du net en danger

Maj. le 15 février 2018 à 20 h 38 min

L’Autorité de régulation des communications électroniques (Arcep) s’émeut dans un rapport intitulé Les terminaux, maillons faibles de l’ouverture d’Internet du rôle d’iOS et d’Android dans l’évolution d’internet. L’autorité estime que les systèmes d’exploitation mobile et leurs magasins d’application limitent arbitrairement ce à quoi l’internaute peut avoir accès. Au final, celui qui achète un smartphone choisit un écosystème contrôlé in fine par une multinationale américaine. L’Arcep en profite au passage pour faire quelques recommandations. 

smartphones

Dans les pays de l’Union Européenne, le principe de la neutralité du net est garanti par une directive et règlement du 27 octobre 2015, intitulé « paquet télécommunications« , ce qui implique un traitement égal et non-discriminatoire du trafic internet, et le droit de tout utilisateur (consommateur ou acteur) de diffuser et d’accéder aux informations et contenus de son choix. Or dans son dernier rapport, l’Arcep s’inquiète justement d’une énorme menace contre cette neutralité ici, en France, là, dans votre poche !

Arcep : iOS et Android, un danger pour la neutralité du net ?

Le smartphone, ou pour être plus précis, iOS, Android et le magasin d’applications sur lequel il tourne donnent en effet selon l’autorité un accès bridé au réseau, par ailleurs forcément contrôlé par un GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Ainsi Apple choisit par exemple arbitrairement ce qui peut ou non se trouver sur son App Store, Google fait de même pour son Play Store. « Alors que l’accès à internet se fait désormais principalement par le biais d’un smartphone, vendu avec son logiciel d’exploitation et son magasin d’applications, la liberté de choix de l’utilisateur se trouve peu à peu réduite, par des limitations imposées par ces équipements« , estime l’Arcep dans son rapport.

L’Arcep propose 5 mesures pour protéger la neutralité du net :

  1. Liberté de choix des contenus et applications quel que soit le terminal, autrement dit qu’à terme, on puisse installer les mêmes applications quel que soit le système d’exploitation du smartphone
  2. Réguler « par la data« , et rendre l’information transparente et comparable pour les utilisateurs, particuliers et professionnels, à savoir révéler clairement les règles et le fonctionnement du règlement des différends en cas de retrait d’une application d’un store
  3. Veiller à la fluidité des marchés, et la liberté de passer d’un environnement (iOS, Android) à l’autre (et donc ne pas entraver ce passage par des problèmes de compatibilité)
  4. Lever certaines restrictions imposées artificiellement par les acteurs-clefs des terminaux aux utilisateurs et aux développeurs de contenus et services : on peut peut-être penser ici aux restrictions dans l’utilisation des fonctionnalités d’accessibilité par de nombreux développeurs d’applications
  5. Intervenir rapidement grâce à une procédure agile permettant d’accompagner les entreprises, notamment les PME et les startups faisant face à des pratiques discutables (en cas par exemple de retrait arbitraire d’une application sur un store)

Le rapport a été remis au secrétaire d’Etat chargé du numérique Mounir Mahjoubi. Pensez-vous également que le smartphone nuit à la neutralité du net ? Quelles sont selon vous les pistes pour y mettre fin ? Débattons-en dans les commentaires de cet article !

Réagissez à cet article !
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter
Chaque semaine, le meilleur de Phonandroid dans votre boite mail !
Demandez nos derniers articles !