Kaspersky accusé d’avoir créé de faux malwares pour nuire à la concurrence

Date de dernière mise à jour : le 17 mai 2016 à 16 h 37 min

L’affaire a éclaté ce weekend, l’entreprise russe de protection de systèmes informatiques Kaspersky a été la cible d’accusations portées par l’agence de presse internationale Reuters. L’entreprise aurait, des années durant, inventé de faux malwares afin de nuire à ses concurrents.

Si les programmes supposément « infectés » par Kaspersky ne représentaient pas un danger pour les ordinateurs, ils auraient été créés afin de mettre des bâtons dans les roues des antivirus concurrents qui, selon Kaspersky, ne vérifiaient pas suffisamment leurs informations, se contentant de recopier ce qu’ils trouvaient sur des agrégateurs de malwares.

Plus précisément, Kaspersky aurait faussement corrompu des fichiers, fichiers qu’il aurait alors référencé anonymement au sein d’un agrégateur de malwares, VirusTotal. La stratégie visait ainsi à piéger les concurrents qui avaient tendance à recopier « bêtement » la liste de l’agrégateur sans en vérifier la véracité du contenu.

Pendant près de 10 ans, cette pratique aurait perduré et visait notamment Microsoft, AVG et Avast!, parmi les plus grands acteurs du marché. En poussant ses concurrents à la faute en les faisant reconnaître des logiciels sains comme corrompus, Kaspersky obtenait le beau rôle face aux analyses erronées des autres.

La réponse de l’intéressé

Suite aux accusations lancées par deux de ses anciens employés restés anonymes, Eugene Kaspersky a pris la parole via un communiqué de presse ainsi que par le biais de son compte Twitter, lui qui doit répondre de ces accusations l’impliquant directement.

Le communiqué s’adresse au nom de l’entreprise et nie toute participation dans quelque manœuvre de tromperie ayant cherché à mener les concurrents à la publication de faux-positifs. L’entreprise juge ses allégations comme sans fondement et provenant d’anciens employés mécontents.

Kaspersky, qui annonçait que 20 % des utilisateurs Android étaient menacés par des virus, précise qu’en 2010, ils avaient tout de même mené une opération semblable, visant à présenter comme virus, des logiciels sains. Des données qui là encore, avaient été mises à la disposition des concurrents sur VirusTotal. Au bout de quelques semaines, des dizaines de concurrents avaient pris pour argent comptant les fausses données. Un phénomène qui avait alors préoccupé Kaspersky et alerté sur les méthodes peu fiables de certains antivirus.

Ce dernier a publié quelques tweets où il exprime sa déception et sa colère envers Reuters qui selon lui donne une tribune au mensonge. Non sans un certain humour, il déclare : « Généralement, je ne lis pas Reuters et quand ça m’arrive, je n’y lis que des faux-positifs. Pour info, cette histoire est un tissu de conneries. »

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Réagir à cet article

  • Athena223

    C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on avait un très grand nombre de faux positif lors de désinfection de machine. Et dans dans se genre de situation c’est la majorité qui l’emporte surtout quand il y avait uniquement Kaspersky qui été positif.
    Mais c’est pas une nouveauté, suffit d’aller sur le forum d’entraide des exemples sont légion.

  • Technology

    Ouah le tweet du type se résume à : Bullshit.
    Et c’est du bullshit le fait que seul kaspersky reconnaisse des dizaines de fichiers comme des virus alors que ça n’en est clairement pas?

  • 2sfhim

    En tous cas cette méthode existe depuis des siècles car des endroits imaginaires étaient ajoutés sur les cartes maritimes et des pays pour vérifier si les concurrents copiaient.