Hypersensibilité aux ondes : premier pas timide vers une reconnaissance de la souffrance

Maj. le 28 mars 2018 à 9 h 23 min

L’hypersensibilité aux ondes vient d’être pour la première fois reconnue par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES). Si l’organisme reconnaît la souffrance des électrohypersensibles, l’agence de santé n’a pas trouvé de liens de causalité entre les ondes et la douleur des malades. Pour l’heure, l’agence sanitaire n’a trouvé aucune explication à l’hypersensibilité aux ondes.

hypersensibilité ondes

Ce mardi 27 mars 2018, après 4 ans de travail, l’Anses a publié un nouveau rapport sur l’hypersensibilité aux ondes. Selon cette étude, 5% de la population souffriraient d’hypersensibilité aux ondes. Parmi les symptômes des hypersensibles, on cite des maux de tête, des troubles du sommeil, de l’attention et de la mémoire, irritabilité, fourmillements dans les doigts, ainsi qu’une tendance à l’isolement.

L’hypersensibilité aux ondes n’a aucune preuve solide, affirme l’ANSES

En 2015, la justice française reconnaissait d’ailleurs l’électrosensibilité comme un handicap. Pour autant, cette souffrance ne serait pas directement causée par les ondes : « aucune preuve expérimentale solide ne permet actuellement d’établir un lien de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits par les personnes se déclarant EHS ».

« Il n’existe pas de critères de diagnostic de l’EHS validées à ce jour » explique le rapport de l’Anses, qui ne nie pas la souffrance des personnes hypersensibles, « les plaintes (douleurs, souffrance) formulées par les personnes se déclarant EHS (électrohypersensibilité) correspondent à une réalité vécue ». Si l’agence n’a découvert aucun lien de cause à effet entre les ondes et les symptômes, elle reconnait l’existence d’un mal : « les symptômes, qui peuvent avoir un retentissement important sur la qualité de vie de ces personnes, nécessitent et justifient une prise en charge adaptée par les acteurs des domaines sanitaire et social ». 

« Ca ne veut pas dire qu’un jour on ne découvre pas un tel lien », mais « à ce jour, les causes restent inconnues » précise Olivier Merckel, chef d’unité risques physique à l’Anses. Pour en arriver à sa conclusion, l’Anses s’est appuyé sur « de la littérature scientifique et un grand nombre d’auditions (médecins hospitaliers et généralistes, chercheurs, associations et personnes concernées) » ainsi que « plus de 500 commentaires complémentaires de scientifiques et parties prenantes intéressées ». 

Malgré les déclarations frileuses de l’Anses, les associations qui défendent les personnes victimes d’hypersensibilité aux ondes se réjouissent déjà. « C’est une avancée. On ne parle plus d’un effet nocebo exclusif », a indiqué l’association Robin des Toits. « C’est un pas dans la bonne direction. Il faut maintenant que le lien de causalité soit reconnu », tempère l’association Priartem-Electrosensibles de France. « Cet avis constitue une vraie avancée pour la prise en considération d’une pathologie émergente qui provoque beaucoup d’incompréhension et de souffrance «  ajoute Sophie Pelletier, présidente de Priartem.

« Comme pour les cigarettes et les produits chimiques avant, nous nous rendons compte que la santé de certaines personnes souffre des ondes et radiations des appareils sans fil » explique pourtant la réalisatrice d’un documentaire inédit qui prouve que les ondes causent de graves problèmes de santé. Dans le documentaire  “Generation Zapped”, elle apporte les preuves du lien entre smartphones et plusieurs maladies en faisant intervenir des scientifiques, chercheurs et physiciens.

« La réglementation s’appuie sur des normes qui ne nous protègent de rien », explique Jeanine Le Calvez de Priartem.Selon l’ONG, les ondes générées par les antennes mobiles auraient aussi un impact sur la fertilité des hommes et sur la santé des enfants en pleine croissance. « Ce qu’on vit à l’heure actuelle n’est rien par rapport à ce qui se prépare, avec la 5G, on va être inondés d’ondes » met en garde un spécialiste à l’AFP. Pour rappel, la ville de Bruxelles pourrait d’ailleurs retarder le déploiement de la 5G à causes de risques pour la santé.

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