Google, Microsoft et Facebook s’opposent à la loi de surveillance en Angleterre

Maj. le 22 février 2018 à 10 h 51 min

Sous l’impulsion de Theresa May, secrétaire à l’Intérieur, le parlement britannique a initié un projet de loi de surveillance qui conférerait aux services de renseignement et à la police, un accès quasi illimité aux données de navigation des internautes. Microsoft, Facebook, Google, Yahoo et Twitter ont, par une note, signifié leur désapprobation face à ce projet qu’ils jugent dangereux et trop intrusif.

Surveillance-des-données

Depuis l’affaire Snowden, les questions de surveillance et de sécurité se traitent toujours sur fond de tension. Alors, lorsque la Ministre de l’Intérieur britannique monte au créneau avec un projet de loi d’ultra-surveillance numérique, les cadors du domaine en l’occurrence Google, Microsoft, Facebook, Yahoo et Twitter déclinent l’invitation.

L’exécutif britannique allègue que cette loi n’a pour mission que de participer à la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité. Loin de cette version officielle, d’autres sources soutiennent que le but serait en réalité de parvenir à exiger, mandat d’arrêt à l’appui, que les fournisseurs de services déchiffrent certains messages.

Il n’en fallait pas plus pour susciter la désapprobation des plus grandes entités d’Internet. Faisant front commun, elles estiment, dans une lettre commune adressée au parlement, que cette mesure pourrait avoir de graves implications à l’avenir. Cette lettre fait suite à celle de Apple dans laquelle Tim Cook exposait ses inquiétudes par rapport à la question de chiffrement des données.

D’une lettre à une autre, on peut voir que les préoccupations des acteurs du web sont les mêmes: perdre la confiance de leurs usagers. Mais ce n’est pas tout. Ils craignent aussi que la menace d’intimidation que suggère ce texte législatif n’inhibe le travail et la liberté des employés de leurs firmes respectives.

Mais là également, il existe une autre version de l’histoire. Celle qui stipule qu’en vérité ce que craignent Microsoft, Google and co ce n’est pas l’adoption de la loi au Royaume-Uni, mais plutôt l’effet boule de neige qui pourrait en résulter et toucher tous les autres pays y compris les Etats-Unis. Dans la lettre de Tim Cook précitée, on peut lire:

« Cela pourrait servir de catalyseur pour les autres pays, qui se serviraient de cela pour produire des lois similaires.« 

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