Fibre : l’arrêté contre les pubs mensongères est « insuffisant » selon UFC Que Choisir

Date de dernière mise à jour : le 5 avril 2016 à 14 h 25 min

Il y a quelques jours, un arrêté traitant de la fibre optique qui vise à encadrer les publicités parfois mensongères des opérateurs a été publié au Journal Officiel. Mais selon le président de l’UFC-Que Choisir, cet arrêté est « insuffisant ».

La semaine dernière, un arrêté était publié au Journal Officiel, arrêté obligeant les fournisseurs d’accès à internet à préciser la nature de la technologie utilisée dans leurs offres fibres dans leurs contenus publicitaires. S’ils sont déjà obliger d’apporter des précisions, elles sont écrites en tout petit et sont donc invisibles des consommateurs lorsqu’ils voient un 4×3 sur le périphérique par exemple.

Désormais, Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free et consorts vont devoir afficher de manière visible et claire la mention « Le raccordement du domicile n’est pas en fibre optique mais en… » en précisant s’il s’agit de fibre optique ou d’un raccordement avec câble coaxial.

Cet arrêté, le président de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir l’estime insuffisant. Selon lui, il « est nécessaire car les différences de performances entre les technologies sont telles qu’il est judicieux de ne pas les amalgamer sous la seule appellation fibre » mais la mesure « n’est pas pour autant suffisante ». Il ajoute :

L’arrêté ne résout pas vraiment la problématique à laquelle il ambitionne de s’attaquer puisque les fournisseurs d’accès à Internet proposant du FTTLA auront encore la possibilité d’employer le terme « fibre » dans leur communication. – Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir –

Il est clair que l’opérateur visé par cet arrêté est SFR qui utilise la technologie de Numéricable, technologie reposant sur la fibre optique jusqu’au répartiteur puis sur un câble coaxial. SFR devra donc à partir du 1er juin afficher la mention « sans raccordement du domicile » dans ses publicités. En attendant, l’opérateur se permet de provoquer les autorités avec des publicités explicites.

Même si toutes ces mesures vont dans le bon sens, pour Alain Bazot c’est bien insuffisant. Pour lui, « l’objectif de clarté n’est pas pour autant atteint ». D’autant qu’il existe selon lui un « problème plus central » : l’écart qui existe entre la multiplication des publicités, ce matraquage médiatique, et la réalité de la capacité des FAI à fournir la fibre. Alain Bazot explique :

L’inadéquation entre les campagnes nationales de publicité des fournisseurs d’accès à Internet concernant le très haut débit fixe et la capacité effective des consommateurs à souscrire aux offres vantées (…) Nombreux sont les consommateurs (…) qui doivent se contenter d’un ADSL d’une bien piètre qualité.

Si le Président de l’UFC-Que Choisir est si virulent c’est parce qu’il estime que les pouvoirs publics ne vont pas assez loin dans leur démarche. Aujourd’hui rien n’oblige les opérateurs à « préciser dans leurs campagnes publicitaires le taux d’éligibilité de la population à ses offres », et pourtant ce serait un indicateur fort pour le consommateur. Et cela pousserait les acteurs du marché à améliorer la qualité de leurs services et à investir davantage.

Imaginez un peu une offre fibre Orange par exemple capable de proposer son service à 80% de la population contre 78% pour Free et 75% pour SFR (ce ne sont que des exemples). Les consommateurs auraient un vrai indicateur de leurs chances d’être éligibles mais également de leurs chances de le rester en cas de déménagement par exemple.

On est loin aujourd’hui de cette clarté dans les contenus publicitaires des opérateurs et c’est ce que déplore le président de l’UFC-Que Choisir. Selon lui, il « reste un sacré chemin avant que les consommateurs puissent bénéficier d’une information réellement pertinente ». Et sur ce point on ne peut qu’être d’accord.

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