Facebook admet qu’il n’est peut-être pas bon pour la démocratie

Facebook a fait l’objet de nombreuses critiques lors d’élections ou d’évènements politiques. Si le réseau social a essayé de minimiser ses responsabilités jusqu’à maintenant, il vient d’admettre que finalement il n’était peut-être pas bon pour la démocratie.

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Lundi 22 janvier 2018, les cadres de Facebook et quelques experts se réunissaient pour réfléchir aux effets des réseaux sociaux sur la démocratie. Le réseau social de Mark Zuckerberg était au cœur des débats. Une réflexion était en effet nécessaires suite aux nombreuses controverses qu’a traversé Facebook à ce sujet. Leur conclusion : finalement le réseau n’est peut-être pas bon pour la démocratie.

Facebook prend conscience de sa responsabilité dans la vie politique

La prise de conscience est tardive selon les cadres de Facebook eux-mêmes. Ainsi, Samidh Chakrabarti, responsable de l’équipe en charge de l’engagement citoyen chez Facebook déclarait :

En 2016, nous chez Facebook avons été bien trop lent pour réaliser à quel point des acteurs (d’importance) abusaient de notre plateforme. Nous travaillons maintenant assidument pour neutraliser ces risques.

De leur côté, les experts extérieurs à Facebook on expliqué que le réseau social réalisait de belles choses mais que l’élection présidentielle américaine avait prouvé que certains acteurs pouvaient abuser de la plateforme.

Du Printemps Arabe aux élections vigoureuses à travers le monde, le réseau social semblait positif. La dernière campagne pour les élections présidentielles américaines a changé les choses, avec des interférences étrangères que Facebook aurait dû être plus rapide à identifier. – Katie Harbath, directrice des des affaires politiques et gouvernementales chez Facebook –

Selon Cass Sunstein, auteur et professeur à Harvard, Facebook et les réseaux sociaux en général sont une bonne chose pour la démocratie. Il explique que c’est un accès gratuit à l’information. Il peut également fédérer comme le rappelle le chef produit de Facebook : le réseau social a encouragé les américains à s’inscrire sur les listes électorales.

Mais le réseau a aussi ses limites. Car les utilisateurs sont souvent confrontés à un seul et unique son de cloche. Les informations présentées à un utilisateur sur Facebook tiennent compte de ce qui l’intéresse déjà, des pages qu’il suit, de ses amis et de sa viralité. Bien souvent, cela ne laisse pas place au débat.

Ce système a démontré ses limites durant les élections présidentielles aux USA. Les « fake news » par exemple sont souvent virales, donc plus souvent mises en avant que d’autres infos sans doute vérifiées. Résultat : les utilisateurs lisent plus facilement des contenus erronés que des informations exactes.

Mais il ne peut rien garantir

Si Facebook reconnaît sa responsabilité démocratique, que va-t-il faire pour changer les choses ? Katie Harbath ne se lance pas dans un discours radical mais parle d’équilibre. Elle explique :

Notre rôle est de nous assurer que le positif prenne le dessus sur les forces qui peuvent compromettre un discours serein.

Concrètement on ne sait pas encore comment Facebook va s’y prendre. Si Google a déjà réagi face au problème des « fake news », comment vons s’y prendre les cadres du réseau social ? Comment les modérateurs et les ingénieurs vont-ils identifier les contenus à mettre en avant ou non ? De nombreuses questions subsistent face à des sujets très sensibles. Affaire à suivre.

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  • joe2x

    C’est un peu de la faute également des utilisateurs qui ne prennent pas la peine d’avoir plusieurs source d’informations.

  • Guillaume Soghonian

    Deux publications sur le même sujet dans la même journée !
    Vous battez des records à la rédaction …
    Manque de communication interne ? C’est pas la première fois qu’on voit ce genre d’accident.

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