eSIM : qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

Maj. le 27 octobre 2017 à 22 h 12 min

Les constructeurs parlent de plus en plus d’eSIM, destiné à supplanter notre habituelle carte SIM que ce soit en micro ou nano. Mais de quoi s’agit-il véritablement, et à quoi cela pourra bien nous servir à l’avenir ? Dans ce dossier, nous vous expliquons précisément les tenants et aboutissants de la eSIM, et l’impact qu’elle pourrait avoir à l’avenir.

eSIM

Certains éléments de nos smartphones sont centraux dans notre expérience, mais ne connaissent pas nécessairement énormément d’évolution et sont parfois même totalement oubliés. On pourrait par exemple parler de la prise mini jack, qui est désormais bannie par la plupart des constructeurs pour le simple fait d’être « vieille » quand bien même elle fait toujours aussi bien son travail.

La prochaine cible de cette politique de remplacement pourrait n’être autre que nos cartes SIM, qui bien qu’elles aient changé de tailles au cours des dernières années n’ont pas vraiment évolué technologiquement. De nos jours, l’eSIM est plus qu’évoquée et quelques smartphones commencent à se tourner vers celle-ci. Mais de quoi s’agit-il vraiment ?

Qu’est-ce qu’une carte SIM ?

carte sim

Pour bien comprendre le principe de l’eSIM, il faut d’abord bien comprendre ce qu’est une carte SIM ordinaire. SIM est un acronyme signifiant « Subscriber Identity Module », ou « module identifiant l’abonné ». Cette petite carte que nous connaissons tous cache une simple puce mémoire dans laquelle est enregistré un numéro unique : l’ICCID.

L’ICCID (Integrated Circuit Card Identifier) est un numéro de 20 caractères identifiant de manière unique votre carte à l’international. Vous pouvez le retrouver directement noté sur la carte qui entoure votre SIM. C’est à partir de ce numéro que le réseau identifie votre pays, votre opérateur, le réseau vers lequel votre trafic doit s’orienter etc., etc.

Vient ensuite le numéro ISMI (International Mobile Subscriber Identity), qui correspond à votre numéro de téléphone, quelques informations de sécurité, de services disponibles pour vous sur le réseau (répondeur etc.) ainsi que deux codes de sécurités : le code PIN, qui restreint l’accès aux informations de la SIM, et le code PUK permettant de récupérer le PIN en cas d’erreurs répétées.

Certaines SIMs contiennent également un peu de mémoire libre afin d’enregistrer quelques contacts et quelques SMS importants. Toutefois, cette utilisation tend à disparaître alors que même les utilisateurs les plus anciens finissent par comprendre l’intérêt d’enregistrer ceux-ci sur le cloud.

Avec le temps et l’évolution des smartphones, les SIM ont connu plusieurs formats : SIM standard, micro SIM, nano SIM… Cependant, ces évolutions n’ont vraiment qu’un impact sur la taille de celles-ci : leur principe de fonctionnement est resté le même de tout temps.

Qu’est-ce que l’eSIM ?

puce eSIM

L’eSIM (ou Embedded SIM) n’est pas une carte à proprement parler, mais une nouvelle puce intégrée à certains appareils récents. Beaucoup plus petite, et donc facile à intégrer même dans des appareils très petits comme des smartwatchs, elle intègre les mêmes informations que nos cartes d’antan.

A ceci près que désormais, il ne s’agit plus d’une carte que l’on peut retirer et remettre à loisir, mais bien d’une puce qui ne bougera jamais de l’appareil. Vous pouvez quelque part la voir comme une version « dématérialisée » de la carte classique, puisque son contrôle n’est plus vraiment entre vos mains et revient autant au système d’exploitation qu’à l’opérateur de votre choix.

Les avantages de l’eSIM

Samsung Gear S3

Pourquoi dire adieu à la carte SIM d’antan, même sans son format nano ? Il existe plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, c’est un changement qui facilite la vie des constructeurs : qu’on le veuille ou non, la trappe destinée à recevoir nos cartes SIM prend une certaine place dans la conception de nos smartphones, place que certains aimeraient voir être utilisée pour d’autres fonctionnalités.

La conception de design unibody et la plus grande importance donnée à la certification IP de nos appareils peuvent être des arguments en faveur de l’eSIM. Puisque celle-ci est intégrée directement à la carte-mère de nos appareils, elle occasionne un gain de place non-négligeable pour les fabricants qui peuvent renforcer la résistance à l’eau et à la poussière de leurs designs tout autant que les rendre plus fins.

L’argument de sa taille, comme dit plus haut, permet également l’intégration des identifiants de réseaux téléphoniques dans des appareils beaucoup plus petits. C’est par exemple le cas de la Samsung Gear S2, qui a été la première à intégrer une carte eSIM vous laissant choisir votre opérateur, ou encore l’Apple Watch 3. Alors que le réseau 5G se prépare et que nos appareils deviennent de plus en plus interconnectés, l’eSIM paraît évidente.

C’est aussi un grand avantage pour les consommateurs, sur plusieurs points. Le délai entre la désactivation d’une SIM et l’activation d’une autre SIM est virtuellement non-existant dans ce contexte, l’eSIM d’un smartphone pouvant être changée à distance automatiquement et sans le moindre souci par le vendeur, l’opérateur ou le système d’exploitation.

Un changement qui ne plaît pas nécessairement aux opérateurs, habitués à avoir le contrôle sur ce terrain particulier de nos smartphones. Avec une eSIM, les revendeurs n’étant pas liés à un opérateur reprennent un contrôle beaucoup plus grand de leurs ventes, n’étant pas soumis aux mêmes clauses qu’auparavant.

Vient enfin l’argument de la sécurité : si l’on vous vole votre smartphone, il sera bien difficile pour le voleur de le revendre. Une eSIM entend autant la possibilité de désactiver en 5 secondes vos informations d’abonnés que de bloquer l’inscription de nouveaux utilisateurs sur celle-ci une fois le vol constaté.

Les désavantages de l’eSIM

test huawei p10 sim

Vous êtes du genre à passer de smartphone en smartphone en quelques secondes, voire à garder constamment un appareil bien chargé pour remplacer celui que vous utilisez en cas de batterie faible ? Il vous sera difficile de simplement enlever votre SIM d’un appareil pour l’insérer dans un autre, puisque vous n’avez plus aucun contrôle sur ceci. Impossible également d’emprunter son téléphone à un ami pour passer un coup de fil urgent.

Il s’agit-là également pour certains d’abandonner un certain contrôle. L’eSIM sous-entend en effet d’inviter une troisième autorité entre vous et votre abonnement : celle de votre revendeur, ou celle de votre système d’exploitation. C’est après tout eux qui auront généralement la charge d’activer, remplacer ou désactiver votre SIM, faisant que cette étape ne vous appartient plus vraiment. Sans dire qu’il s’agit d’un problème, elle devient donc bien philosophiquement un « service » plutôt qu’un bien, avec tout ce que cela entend en termes de possession et de contrôle.

Alors que les smartphones comme le Google Pixel 2 XL passent eux-aussi à l’eSIM, bien qu’à petit pas pour le moment, la technologie vous semble-t-elle être un changement nécessaire et utile ? Ou préféreriez-vous conserver cette petite carte, si facilement perdue mais si tangible ?

Réagissez à cet article !
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter
Chaque semaine, le meilleur de Phonandroid dans votre boite mail !
Demandez nos derniers articles !
Top 14 des choses sympas à faire avec votre vieux smartphone

Vous venez de vous offrir un out nouveau smartphone Android flambant neuf et vous ne savez pas quoi faire de l’ancien ? Avant de jeter à la poubelle, avez vous pensé à consulter notre top 13 des choses sympa à faire avec son vieux smartphone ? Si ce n’est pas encore le cas, alors vous trouverez forcément une idée.