Deux cas d’homicides non élucidés à cause du chiffrement des smartphones des victimes

Maj. le 5 avril 2016 à 10 h 59 min

Mis en place l’an dernier sur Android et iOS, le chiffrement des smartphones pose de sérieux problèmes à la justice, en particulier lorsqu’il s’agit du smartphone d’une victime d’homicide et que la police se retrouve dans l’impossibilité d’accéder à ses données personnelles. Il y a deux mois, le procureur de Paris se ralliait aux procureurs de Manhattan et de la Haute Cour espagnole et au Commissaire de Londres dans leur lutte contre les pratiques d’Apple et de Google. Aujourd’hui, voilà que le débat repart de plus belle de l’autre côté de l’Atlantique.

chiffrement smartphones
Le chiffrement, pour ou contre ?

Si la plupart des smartphones chiffrés entre les mains de la justice sont ceux d’individus suspectés de crime, il peut aussi s’agir des smartphones des victimes. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement dans le cadre de deux cas d’homicides non élucidés dans les villes de Baton Rouge (Louisiane) et Evanston (Illinois). Or les données personnelles des victimes qui pourraient éventuellement permettre à la justice de résoudre l’enquête autour de ces deux meurtres, sont chiffrées et donc inaccessibles.

Actuellement de plus en plus de smartphones sont chiffrés. C’est notamment le cas des iPhone depuis iOS 8 et des smartphones Android depuis Lollipop, bien que Google ait retiré le chiffrement par défaut. Le procureur de Manhattan a d’ailleurs récemment déclaré avoir récupéré depuis fin août plus de 100 iPhone chiffrés et donc totalement inutilisables dans le cadre d’une enquête.

En outre, 16 procureurs de districts américains ont écrit au Sénat, réclamant l’instauration d’une loi pour forcer les constructeurs à contourner le chiffrement dans le cas où la justice en aurait besoin. Pourtant les avis sont très tranchés car, de son côté, le directeur du FBI, James Comey est contre l’instauration d’une telle lesgislation.

De leur côté, Google et Apple rappellent que le chiffrement est un processus « à sens unique ». Il ne leur est donc pas possible de déchiffrer les données d’un utilisateur ayant opté pour ce moyen de sécurisation ou disposant d’un appareil sur lequel le chiffrement est activé par défaut.

Un sujet qui a toujours prêté à controverse depuis sa mise en œuvre l’an dernier. A l’époque, les réactions furent très vives, notamment du côté de la justice américaine qui déclarait alors que le chiffrement des smartphones mènerait à la mort d’enfants. Depuis, les représentants de la justice d’autre pays ont rejoint les USA dans ce combat. Un combat qui certes, peut sembler légitime mais qu’advient-il de la vie privée de l’utilisateur ?

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