Apple : Barack Obama se fâche avec l’Union Européenne pour défendre son poulain

Apple est depuis quelques temps sous le feu des critiques de l’Union Européenne pour sa politique fiscale. Un comportement qui n’est pas du goût de Barack Obama, le Président des Etats-Unis, qui se fâche pour défendre son poulain.

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Récemment, les entreprises américaines de l’univers high-tech sont visés par des plaintes de l’Union Européenne. L’institution reproche en effet aux géants de la Silicon Valley de ne pas payer leurs impôts comme ils le devraient parce qu’ils utilisent des techniques d’optimisation fiscale.

Ainsi, Apple, Google, Amazon et d’autres installent leurs sièges européens dans des paradis fiscaux comme l’Irlande ou encore le Luxembourg qui est devenu un véritable El Dorado pour ces firmes.

L’Union Européenne a donc enquêté sur plusieurs entreprises américaines. Et récemment c’est Apple qui était dans l’oeil du cyclone. Après enquête, l’Europe aurait découvert que l’entreprise dirigée par Tim Cook aurait négocié un accord assez opaque dans lequel Apple ne devait payer que 2% d’impôts sur ses bénéfices.

Toujours selon cette enquête, Apple aurait donc échappé à un paiement de 8 à 17 milliards de dollars d’impôts en Europe grâce à cette manipulation fiscale. Ces nouvelles accusations, Barack Obama les a très mal accueillies. Le Président des Etats-Unis, très remonté, s’est fâché et a défendu son poulain.

Ainsi, Barack Obama a fait transmettre un « Livre blanc » de 26 pages transmis à Bruxelles par l’intermédiaire de Jack Lew, secrétaire au Trésor américain. Le ton est donné :

Le Trésor américain envisage des réponses dans le cas où la Commission européenne persévérait dans cette voie. L’Union européenne exerce une autorité supranationale qui bafoue les décisions fiscales prises dans chacun des États membres.

Pour Barack Obama, les choses sont simples. L’UE ne peut pas s’en prendre à Apple tout simplement parce qu’elle ne peut pas bafouer les lois de ses pays membres. Ces propos ne sont pas sans rappeler ceux tenus par le Président des Etats-Unis lorsqu’il s’agissait de défendre Google et Facebook il y a quelques temps. Il déclarait alors :

Pour défendre Google et Facebook, la réponse européenne est parfois dictée davantage par des intérêts commerciaux qu’autre chose. […] Leurs entreprises – les fournisseurs de services qui, vous savez, ne peuvent pas rivaliser avec les nôtres – essaient essentiellement d’empêcher nos entreprises de fonctionner efficacement . Nous avons possédé Internet. Nos entreprises l’ont créé, développé et amélioré de telle manière que l’Europe ne puisse pas lutter. Et fréquemment, ce qui est décrit comme des prises de positions nobles est en fait juste une manière de placer leurs intérêts commerciaux.

Pourtant Apple est aussi sous la menace du fisc américain

Les propos de Barack Obama sont d’autant plus étonnants que le fisc américain mène lui aussi une véritable guerre contre les pratiques de la firme de Cupertino. Régulièrement, la firme est accusée de ne pas être patriote parce qu’elle échappe à l’impôt en utilisant des méthodes controversées d’un point de vue fiscal. On parle notamment de l’Irlande. Mais Apple a déjà répondu à cette polémique :

Il n’y a pas un débat à ce sujet. Est-ce légal ou illégal de faire cela ? C’est légal. C’est la législation fiscale actuelle. Ce n’est pas une question d’être patriote ou non patriote. Vous n’êtes pas plus patriote parce que vous payez plus.

Pour justifier ses intentions, l’Union Européenne a donc répondu au Livre Blanc envoyé par Barack Obama. Le ton est relativement cordial :

L’Union Européenne n’avait pas de parti pris vis-à-vis des compagnies américaines. Toutes les entreprises, quelle que soit leur nationalité, si elles génèrent des profits dans un pays européen, devraient payer des impôts en accord avec les lois fiscales nationales.

Lire également : Apple pourrait payer 8 milliards d’impôts non réglés

Finalement, l’Union Européenne tient le même discours que les Etats-Unis vis-à-vis de l’optimisation fiscale d’Apple. Mais d’après Barack Obama, les USA ont le droit mais pas l’Europe. Peut-être est-ce parce qu’il est ami avec les géants de la Silicon Valley :

Ma relation avec la Silicon Valley et avec la communauté tech est historiquement bonne. La plupart de ces gens sont des amis, soutiens et nous sommes en contact permanent.

Ah bah oui mais si on parle des copains aussi, on comprend mieux.

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